Mettre un cierge

Mettre un cierge


J'vais mettre un cierge à la Madone en espérant qu'elle me pardonne
Ma pauvre foi qui s'abandonne dans le peu d'Espoir qu'elle me donne
A chercher la combinaison, il faut bien se faire une raison
La flamme de la religion étincelle d'incompréhension

D' alleluia en Gloria et de Jean-Paul en Benoît
Appelez moi Saint Thomas, ces idioties je n'y crois pas
Genoux à terre pour un nom, et à lui en savoir plusieurs, non
Moi de saisons en saisons je n'ai fait que défloraison

J'vais mettre un cierge à la folie, à la mélancolie aussi
A l'idée qui nous poursuit quand tout le monde déduit
Qu'à l'instant de l'éternité, du néant, de la liberté
Le Bon Dieu viendra nous sauver, ascension d'imbécilités

Il n'entends rien même pas les cris des crève-la-faim et sans-abris
Quand nous hurlons à l'agonie Il chante la vie et les rubis
Mais non, non ne t'en fais pas, Il l'a dit, Il redescendra
Ah non, non ! Ne pleure pas ! Sois patient et ferme-là !

Et pardon à la Chrétienté dans laquelle j'ai été élevé
A l'enfant de ch½ur que j'ai été, sans doute trop jeune et trop niais
Je pensais le Christ sur ma route, je vois maintenant qu'Il me déroute
Jadis je croyais que mes doutes s'épongeraient un beau mois d'août

Congo Burkina-Faso Guinée-Bissau où est donc le rameau
Bolivie Éthiopie Gambie et Malawi partout on n'attend que lui
Rwanda Liberia Ouganda Ghana quand est-ce qu'il redescendra
On connait l'existence de Le Pen ou de Ben Laden mais lui... tant pis

# Posté le jeudi 16 juillet 2009 12:38

Soixante dix ans

Soixante dix ans

J'aurai soixante-dix ans ma vie se fanera
Comme une fleur à l'automne ma vie se traînera
Entre le sel et le poivre mes cheveux trahiront
Ce qu'en dessous de leurs racines mes idées resteront

Quelque part sur la terre un gamin sourira
Ni de joie ni de haine un gamin sourira
Simplement de nous voir toi et moi tout ridés
S'entêtant à penser qu'ils nous ont dépassés

Nous serons sûrement seuls comme le sont tous les vieux
Nous serons sûrement deux pour finir malheureux
Nous avons été jeunes autant qu'ils sont drogués
D'éphémère et de rêves, de larmes à faire couler

Alors d'un triste regard nous tournerons la tête
Nous nous rappellerons que nous avions vingt ans
L'odeur de nos conneries et le goût de la fête
Nous nous rappellerons que nous avions le temps

Notre c½ur pleurera au rythme des souvenirs
Untel que nous aimions que nous avons perdu
Et pourtant nous savons : Ça s' perd pas un sourire
Ça s'oublie seulement avec le temps, c'est bien connu

C'en est fini de nous, attention au court-circuit
Vers un autre réseau impossible à atteindre
Si c'est une étincelle, sache qu'elle m'aveugle aussi
Regarde mon amour les projecteurs s'éteindre

Alors nous partirons comme nous sommes arrivés
La tête en avant à vouloir foutre le camp
Sortir de ce cocon qui nous a étouffés
Renaître et vivre encore jusqu'à soixante-dix ans

# Posté le jeudi 16 juillet 2009 12:50

Modifié le jeudi 16 juillet 2009 13:04

C'est mort

C'est mort

J'ai griffonné le papier, raturé, froissé et déchiré
J'ai tout perdu l'inspiration et mes mots n'ont jamais rimé
Enterrées les métaphores, je n'ai jamais trouvé d'accords
Je voudrais essayer encore, mais j'abandonne sans plus d'efforts

Tout se mélange dans mes pensées, qui viendra suturer mes plaies ?
Les autres autour rient aux éclats et moi je ris jaune pâle tu vois ?
Tout se mélange et immobile, j'espère qu'un jour je sourirai
A l'encontre d'un nouveau monde, d'une plume qui pleurera ma joie

C'est mort pour devenir le roi
Si mon royaume est si étroit
C'est mort pour moi, c'est mort tu vois
Pour la plume qui sommeille en moi
C'est mort la fusée de mes rêves
C'est mort la beauté d'un éden
C'est mort l'idylle avec moi même
A quoi bon se donner la peine

J'en ai assez de me complaire dans un rêve qui n'est pas pour moi
Il est temps d'apprendre à vieillir comme ceux qui on perdu l'espoir
Trouver la formule ridicule pour avancer le c½ur à plat
Et puis devenir un Adulte, mature et droit, un vrai connard


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# Posté le jeudi 16 juillet 2009 12:58

Modifié le jeudi 16 juillet 2009 13:15

Si demain j'ai un fils

Si demain j'ai un fils

J'ai appris à grandir entre les rires et les serments
Les promesses que l'ont fait quand on sait que l'on ment
Tu verras Benjamin, le monde n'est pas si moche, vraiment !
Le sourire d'un enfant donne des ailes à des mots de ciment

A l'école de mon quartier on m'a appris la méchanceté
J'ai du m'instruire d'indifférence et d'indulgence et de souffrance
Je n'ai pas perdu la mémoire de cette absence organisée
La légèreté de mon enfance, je pense, danse encore dans le silence

Alors si demain j'ai un fils moi je lui dirai la vie
Que ce monde hélas se meurt noyé dans le mépris
Alors si demain j'ai un fils moi je lui dirai la vie
Et les polyvalences du coeur, la fièvre et la folie

Je lui parlerai d'Amitié pour qu'il la recherche sans tarder
Je lui dirai qu'elle est cruelle, possessive et sans pitié
Mais qu'elle est sans aucun doute, qu'il aura beau toujours chercher
Le plus noble des sentiments dont un homme puisse disposer

Je lui parlerai de cette bombe qui coupe le souffle en une seconde
C'est pas un crime de vivre ailleurs, paraîtrait même que c'est meilleur
Mais j'sais la criminalité que les hommes se donnent à bouffer
Et mon fils saura se méfier, oui mon fils saura esquiver

Je ne lui dirai rien d'amour, c'est pas d'son âge et à quoi bon ?
Il comprendra peux être un jour, de Blanche-Neige en Cendrillon
Il comprendra qu'à ce jeu là le seul gagnant s'appelle le temps
Qu'une fois jouée la symphonie se finit toujours au printemps


# Posté le jeudi 16 juillet 2009 13:11

A dix ans, on rêve d'avenir

A dix ans, on rêve d'avenir


Ici les enfants courent et tombent
A dix ans on rêve d'avenir
Les enfants courent droit dans leurs tombes
Et tu n'as pas l'âge pour mourir

Y'a ton sourire qui m'ensorcelle et tes yeux appellent au secours
Dans la laideur d'un arc-en-ciel dont les couleurs reflètent l'amour
Est-ce que tu croyais nous mentir quand les banlieues se consumaient
Quand tu nous révélait le pire, est-ce d'ici que tu nous parlais ?
Combien de bombes ont dû tomber avant que les Grands Cons comprennent
Que le sang s'écoule de la plaie, que l'argent couche avec la haine
Les étendards qu'on a brandis pour se sentir rois d'univers
Les épées dans les incendies et la bravoure des volontaires

Ici les enfants courent et tombent
A dix ans on rêve d'avenir
Les enfants courent droit dans leurs tombes
Et tu n'as pas l'âge pour mourir

Sous le sang, le vent et l'emprise, t'as essayé de t'envoler
Dans les airs, les étoiles, la brise, mais ta navette s'est écrasée
A croire que c'est le rôle d'un Prince de rester là, d'agoniser
Alors t'as marché jusqu'à Reims te faire sacrer, signer la paix
La fleur au bout du fusil dans les campagnes et dans l'oubli
Certains t'ont vu marcher l'air fier, le sourire au bord de leur guerre
En travers les balles sifflantes, la fumée des bombes éclatantes
La légende raconte ton courage, Petit Prince aux mille visages

Ici les enfants courent et tombent
A dix ans on rêve d'avenir
Les enfants courent droit dans leurs tombes
Et tu n'as pas l'âge pour mourir

Y'a ton sourire qui m'ensorcelle et tes yeux appellent au secours
Dans la laideur d'un arc-en-ciel dont les couleurs reflètent l'amour
Le monde entier t'appartenait, et pourtant tu t'en es allé
Petit Prince d'amour à tes heures, parti bien tôt vers la lueur
Souvent encore je pense à l'heure, si loin des yeux mais dans nos c½urs
L'heure ou tu nous embrassas, celle à laquelle tu nous quittas,
Tu nous parlais d'Univers, quelle ironie t'es dans la terre
A dix ans on rêve d'avenir, on peut d'ailleurs vite en mourir

# Posté le jeudi 16 juillet 2009 13:23